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CENTRE-VILLE

Le centre-ville, et notamment la rue de la Marne, se meurent. Qu'allez-vous faire ?

Permettez-moi d'abord de revenir sur le constat. Pourquoi le centre-ville connaît-il des difficultés ? Nous identifions 5 raisons principales : 1. La crise à Châlons comme partout ailleurs en France, 2. La baisse démographique qui touche tout le quart Nord-est du Pays et notamment la région Champagne-Ardenne et donc Châlons (entre 1999 et 2012, les villes de Reims, Troyes et Châlons ont perdu 3% de leurs habitants, Charleville, Chaumont et Epernay 10%, Vitry 20%), 3. La concurrence de la périphérie.

Je veux également attirer votre attention sur 2 autres points : le prix des loyers commerciaux est trop cher en centre ville, X 3 par rapport à la périphérie (300 euros en moyenne an/m² en centre-ville contre 110 en périphérie) et surtout le commerce électronique qui est en passe de révolutionner nos modes de consommation.

J'avoue ne pas bien voir le rapport entre le centre-ville de Châlons et internet ?

Internet prend des parts de marché, du Chiffre d’Affaires (CA) aux commerces du centre-ville. Il met en péril certains types de commerce : photographie, agence de voyages, livre, disque. Presque tous les photographes de Châlons ont disparu ! Chapitre est la dernière victime du commerce électronique. Le commerce électronique c'est 51 milliards d'euros de CA en 2013 en croissance de 14%.

Pourquoi avoir développé la périphérie ? Cela tue le commerce de centre-ville.

C'est juste, le commerce périphérique fait du mal au centre-ville de Châlons comme partout ailleurs en France. Cependant, il était indispensable de développer le commerce de périphérie pour éviter une évasion commerciale plus globale de Châlons vers Reims.

Prenons l'exemple du cinéma – le cinéma du centre-ville de Châlons se portait très bien jusqu'au jour où le multiplex de Reims a ouvert ses portes. Il y a eu une chute très forte du cinéma du centre-ville car les spectateurs préféraient faire 40 km pour avoir un cinéma plus grand, avec plus de services, plus de salles. Nous n'avons récupéré la clientèle sur Châlons que lorsque nous avons ouvert notre multiplex aux Escarnotières. La périphérie fait du mal au centre-ville mais sans développement de la périphérie nous aurions tout perdu, y compris le centre-ville.

Que faire contre internet ?

Internet est une évolution merveilleuse et inéluctable qui change nos vies au quotidien. Mais comme toute avancée technologique il y a des effets négatifs et notamment sur le commerce de proximité. Dans les années qui viennent, le nombre de m² commerciaux va diminuer. On peut le  regretter mais c'est un fait. Il nous faudra en tirer les conséquences sur le périmètre de l'hyper centre-ville commerçant. Le commerce de centre-ville à Chalons c'est historiquement la rue de la Marne, la rue Léon Bourgeois et tout ce qu'il y a entre les deux. Avec moins de m² de commerce, il faudra redéfinir ce périmètre pour concentrer l'activité commerciale.

Toutes ces explications c'est bien, mais ça veut dire que le centre-ville va mourir et que vous ne ferez rien ?

Non, bien sûr. Nous voulons agir et l'équipe de Bruno Bourg-Broc a déjà engagé un plan de revitalisation du centre-ville avec l'ensemble des acteurs concernés. Nous devons agir tous ensemble en oubliant les querelles diverses et variées entre les uns et les autres.

 

1. Il faut que les commerces évoluent eux-mêmes. A l'heure d'une révolution commerciale, de la montée en puissance du commerce électronique, les commerçants doivent évoluer. Il n'est plus possible de faire du commerce comme il y a 10 ans ou même 5 ans. Prenons l'exemple des commerces qui marchent bien en centre-ville. Monop’ marche très bien, et pourtant dans un secteur fort concurrentiel, parce qu'il offre un service, une plage d'ouverture considérable. C'est en outre une très belle boutique. Autre exemple Alice Lange a ouvert son propre site internet de vente en ligne et génère 20% de son CA via le commerce électronique. La maison de marie caroline a profondément évolué pour devenir un mixte épicerie/salon de thé/restaurant. Bref les commerces doivent se différencier fortement de ce que l'on peut trouver sur Internet ou en périphérie. Ils doivent également mieux répondre à la clientèle en proposant des plages horaires d'ouverture plus larges et innover en matière de marketing commercial.

 

2. La ville doit agir pour convaincre les propriétaires de baisser les loyers. Bruno Bourg-Broc et Benoist Apparu ont reçu le propriétaire de Chapitre pour faire baisser le loyer qui est passé de

140 000 euros/an à 80 000. Ils ont également vu le PDG d'Altaréa Cogédim (gestionnaire de la GHV) pour discuter des loyers de la galerie et le pousser à changer les loyers fixes en loyers variables (% du CA). C'est un travail de conviction car la ville ne peut pas décider du montant des loyers.

 

3. Le premier des consommateurs c'est l'habitant. Il faut faire revenir des habitants en centre-ville en engageant des travaux dans les nombreux logements vacants qui se situent au-dessus des commerces. C'est long, c'est difficile car là aussi il faut convaincre les propriétaires. Les bailleurs sociaux ont un rôle à jouer en la matière pour investir massivement sur la reconquête des logements du centre-ville. Il ne s'agit pas de faire des logements sociaux dont la ville n'a plus besoin mais des logements en accession à la propriété pour des familles.

La ville doit également s'engager pour animer plus encore le centre-ville et faire venir des consommateurs (habitants des autres quartiers, des autres villes, des touristes).

Enfin nous devons faire un effort pour moderniser le stationnement en mettant en place le paiement à la minute via smart phone.

 

  • Nous voulons un véritable plan Marshall et engager une démarche globale pour traiter toutes les questions. C'est en jouant sur tous les leviers (habitat, animation, stationnement, circulation, marketing, commerces,.....) que nous feront renaitre le centre-ville.

Le conseil municipal a voté le droit de préemption. C'est quoi ?

C'est l'un des premiers outils du travail engagé par l'équipe de Bruno Bourg-Broc. Lorsqu'il y a la vente d'un fond de commerce, la ville n'est pas au courant et ne peut pas acheter le fond de commerce. La mise en place de ce droit va obliger celui qui vend le fond à en informer à Ville via ce que l'on appelle une déclaration d'intention d'aliéner (DIA), cette dernière se réservant le droit d'acheter le fond. La ville doit alors trouver un nouvel acheteur dans les deux années qui suivent. Cela permet d'orienter le type de commerce que l'on souhaite en centre-ville.

Autrement dit la Ville va racheter les cellules vides ?

Non, aucunement. La ville n'a pas vocation à acheter les cellules vides, ni à racheter des commerces qui vont mal ou des commerces qui n'arrivent pas à vendre.

Le stationnement et la circulation ne sont-ils pas les vrais problèmes du centre-ville ?

Ce sont des problèmes importants mais qui ne peuvent pas être isolés des autres sujets que nous venons d'évoquer. Il faut avoir une approche globale du centre-ville : internet, habitat, animation, marketing commercial, service à la clientèle mais aussi stationnement et circulation. Ce n'est pas en rouvrant la place Foch à la circulation ou la rue de la Marne au stationnement que changerons tout du jour au lendemain en centre-ville. La modernisation du stationnement est cependant un enjeu important que nous pourrons changer dès 2015 via la nouvelle DSP (délégation de service public).

C'est quoi cette DSP ?

La Ville de Châlons a confié la gestion du parking du GHV, des viviers et le parking de surface à une société privée qui perçoit les recettes de stationnement et en échange réalise les investissements (horodateurs, ....). Cette DSP se termine fin 2014 et nous allons pouvoir négocier un nouveau contrat. Nous devons notamment introduire le paiement via smart phone (disponible aussi sur les nouveaux horodateurs) et réfléchir au meilleur marketing possible. Faut-il unifier les tarifs parking souterrain et surface ? Faut-il la première heure gratuite ou une première heure très peu chère et la seconde heure gratuite ? Ou faut-il donner un crédit d'heures hebdomadaire ? En tout état de cause, n'oublions pas que chaque minute gratuite pour le consommateur, c'est une minute que paie le contribuable.

Benoist Apparu - candidats aux elections municipales de chalons